68: Le FMI affirme que les monnaies numériques des banques centrales pourraient devenir réalité


Le FMI affirme que les monnaies numériques des banques centrales pourraient devenir réalité

Actualité, International, Vous informer
octobre 21, 2019 15:53
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Dans son dernier rapport intitulé “Five Facts on
Fintech” (Cinq Faits sur les Fintech), le Fonds Monétaire International (FMI)
soutient en se basant sur une large enquête, qu’un nombre non négligeable de
pays prévoit l’émergence de crypto-actifs soutenus par les banques centrales.

L’organisme a
diligenté un vaste sondage auprès des banques centrales, des ministères des
finances et autres agences gouvernementales de 189 pays. Et il en ressort que
les banques centrales pourraient émettre des monnaies numériques dans un avenir
proche, en raison notamment de la baisse des coûts et de la hausse de
l’efficience induites. De fait, plusieurs pays tels que l’Uruguay, les Bahamas,
la Chine, la Suède et l’Ukraine sont déjà partants pour la publication de cryptomonnaies
des banques centrales (CBDC).

Les CBDC sont destinées à
concurrencer le bitcoin et le reste du marché de la cryptomonnaie

D’après le FMI, plusieurs raisons expliquent
l’émergence potentielle des CBDC, la principale étant de parer à la concurrence
provenant des cryptomonnaies. En effet, le bitcoin et d’autres crypto-actifs
majeurs sont de plus en plus adoptés en tant qu’alternatives crédibles aux actifs
classiques. Le rapport divulgué par le FMI précise que l’étude révèle un
intérêt certain des pays pour des monnaies numériques émises par les banques
centrales, donc soutenues par les Etats : « A peu près 20 % des
répondants ont affirmé qu’ils exploraient la possibilité de mettre en place de
telles devises. Mais, à l’heure actuelle, seulement quatre projets pilotes sont
répertoriés. »

Les CBDC ne vont pas seulement permettre aux banques
centrales de faire face à la compétition du bitcoin et de ses congénères. Les
autres raisons avancées pour justifier leur création, sont la réduction des
coûts, une efficacité accrue dans l’exécution de la politique monétaire, et la
mise à portée du public d’un instrument de paiement sans risque. Dans un
rapport précédent datant de 2018, le FMI affirmait déjà que les crypto-actifs
ont des caractéristiques pouvant améliorer l’efficacité du marché, mais
pourraient dans le même temps poser des risques pour la stabilité financière
s’ils n’étaient pas suffisamment réglementés. Le rapport mentionnait ainsi les
brèches sécuritaires, les fraudes et échecs opérationnels ayant cours sur le
marché de la cryptomonnaie comme étant de sérieux problèmes. Pour cette raison,
le FMI précise que les régulateurs devront imposer les mesures de sauvegarde
appropriées pour s’assurer que le secteur croisse sans menacer la stabilité
financière.

Le Financial Action Task
Force presse le G20 d’adopter au plus vite un dispositif de régulation
harmonisé

Si les monnaies numériques des banques centrales
visent à concurrencer les crypto-actifs décentralisés comme le bitcoin, elles
ne devraient cependant pas constituer une menace pour eux. En effet, les CBDC
seront structurés de façon à ce que l’institution centrale ait un contrôle
total sur le système. Le mérite du bitcoin et des autres monnaies virtuelles
décentralisés vient du fait qu’aucune entité centrale n’existe pour contrôler
le réseau qui fonctionne alors comme un réseau peer-to-peer. En conséquence,
n’importe qui peut envoyer et recevoir du bitcoin dans un tel système.

Pendant des années, plusieurs pays ont imposé des
règles diverses pour réguler le marché des crypto-actifs. La Corée du Sud, les
Etats-Unis, et le Japon ont chacun de son côté, mis en place un environnement
régulé pour encadrer les activités des entreprises exerçant dans le domaine.
D’autres nations comme la Chine et l’Inde ont quant à elles virtuellement banni
la plupart des opérations liées aux monnaies électroniques. Mais l’heure est
désormais à la mise en œuvre d’actions concertées entre les pays membres du G20.  Le Financial Action Task Force (FATF) pousse
dans ce sens en encourageant les gouvernements à réglementer de façon plus
stricte le marché d’échange de crypto-actifs en rapprochant les différentes
politiques menées d’un pays à l’autre.

Les attentes portant sur l’émergence des CBDC,
combinées aux dispositions sur lesquelles planche le G20 pour réguler le
secteur de la monnaie numérique, indiquent clairement que celui-ci est sur le
point de connaître de grands bouleversements. Il n’est pour autant pas certain
que ces changements le rendent moins volatil et risqué.

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Cet articlé a été écrit par Nicolas Gaiardo