50: Les Etats-Unis durcissent le ton sur le bitcoin et le libra


Les Etats-Unis durcissent le ton sur le bitcoin et le libra

International,VOUS INFORMER
juillet 25, 2019 09:52
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Le bitcoin et
le libra, la cryptomonnaie de Facebook, font couler beaucoup d’encre et de salive
à Washington.

Les nouvelles venant
des États-Unis ne sont pas bonnes pour le bitcoin et principalement la nouvelle
monnaie imaginée par Facebook, le libra. Officiellement pensé pour faciliter les
transferts d’argent internationaux, le libra essuie de vives critiques auprès
des autorités américaines à commencer par le Président Donald Trump en personne.
Omniprésent sur Twitter, c’est par ce canal de communication que le Président américain
a dit tout le mal qu’il pensait de cette cryptomonnaie. Prenant soin de dire dès
le début qu’il n’était « pas fan » du bitcoin et des autres cryptomonnaies, il a
estimé que leur « valeur est hautement volatile et fondée sur du vent ». Le libra
que Facebook veut lancer n’échappe pas non plus à ses virulentes critiques.
Selon lui, cette monnaie n’aura « que peu de prestige ou de fiabilité ». Il n’a
pas caché sa volonté de réguler toutes les cryptomonnaies au même titre que les
institutions financières. «Si Facebook et d’autres entreprises souhaitent devenir
une banque, elles doivent adopter une nouvelle charte bancaire et être soumises
à toutes les réglementations bancaires, tout comme les autres banques, tant nationales
qu’internationales» conclura-t-il. Ces critiques rejoignent celles formulées quelques
jours plus tôt par Jerome Powell, le président de la banque centrale américaine
(FED). Devant le Comité des services financiers de la Chambre des représentants,
il avait évoqué de «nombreuses préoccupations sérieuses» notamment sur la stabilité
financière mondiale menacée du fait de la trop importante base d’utilisateurs
de Facebook.

La sécurité nationale menacée
selon la Maison-Blanche

Le Secrétaire américain
au Trésor a, lundi, révélé « de très grandes inquiétudes sur le libra, qui peut
être mal utilisé pour blanchir de l’argent ou financer le terrorisme ». La concurrence
que peut créer cette monnaie pour le dollar reste cependant en filigrane de la
position inflexible des autorités américaines. Au cours de la première journée de
réunion des Ministres des Finances du G7 à Chantilly, dans l’Oise, Steven Mnuchin
a assuré que Facebook «allait avoir beaucoup de travail à faire pour convaincre»
l’administration Trump sur ce sujet. Il pointe notamment du doigt la menace que
représente cette monnaie pour la préservation de l’intégrité du dollar américain
et son rôle dans l’économie mondiale.

Le congrès pas convaincu non
plus

Les sénateurs américains
sont pour la plupart très septiques à l’idée de voir le réseau social américain
se doter d’une cryptomonnaie. L’audition de David Marcus, le responsable du développement
du projet Libra à Facebook, le 16 juillet, devant la commission des Finances du
Sénat, n’aura pas eu les effets escomptés. Ce dernier peut d’ailleurs témoigner
de l’accueil glaçant qui lui a été réservé tant par les démocrates que les républicains.
Au coeur d’une pile de polémiques accumulées ces derniers mois, le sombre passif
du réseau social ne fait pas du tout pencher la balance en sa faveur. La plupart
des sénateurs ont en effet soulevé la question de la confiance à accorder à
Facebook. «Facebook n’a peut-être pas l’intention d’être dangereux, mais ils ont
déjà démontré qu’ils ne respectaient pas le pouvoir des technologies avec lesquelles
ils jouent», a d’emblée attaqué le sénateur démocrate Sherrod Brown, se remémorant
que «chaque fois que les Américains font confiance [à Facebook], il semblerait qu’ils
s’en mordent les doigts».  Dans le même
sillage d’idée, des voix comme celles de la sénatrice républicaine Martha McSally
se questionnent sur les éventuelles conséquences d’un tel projet sur le respect
de la vie privée, terrain sur lequel Facebook n’excelle vraisemblablement pas.  «Vous n’avez pas respecté la vie privée par le
passé […] et pourtant vous lancez un nouveau produit et assurez que la vie privée
sera respectée. Comment les utilisateurs pourront savoir si cela ne va pas aussi
changer et que le respect de leur vie privée ne sera pas de nouveau enfreint ?»,
a-t-elle questionné avant de planter de façon peu flatteuse: «Je ne vous fais tout
simplement pas confiance.»

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Cet articlé a été écrit par Nicolas Gaiardo