Une coopération des services financiers franco-israéliens toujours difficiles


Une coopération des services financiers franco-israéliens toujours difficiles

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mars 26, 2019 08:16
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Même si Israël vient d’être tout juste accepté par l’instance internationale GAFI (Groupe d’Action financière), sa coopération avec la France pour des fraudes prenant place sur leur territoire reste encore à améliorer. Retour sur le procès de l’arnaque aux annuaires impliquant 3 000 victimes françaises et 20 millions d’euros..

Quelques rappels sur l’arnaque aux annuaires

Tout commence en 2011, des centaines de plaintes concernant une fraude publicitaire s’amoncellent dans les bureaux de police et gendarmerie de France. C’est le début de la fin pour l’arnaque aux annuaires.

Ici, des criminels, installés en France ou en Israël, contactent par téléphone ou par mail des propriétaires de PME ou des commerçants (boulanger, garagiste pour leur proposer d’être intégré dans un annuaire prestigieux d’affaires ou sur un site web bien référencé.

En acceptant cette offre, les victimes signaient finalement l’autorisation d’être prélevé, non pas de manière unique, mais tous les mois de la somme inscrite dans le contrat. Pire encore, si une victime tentait d’annuler ses versements, elle était harcelée par des faux huissiers ou faux policiers. Certaines victimes avancent même que les escrocs rentraient en contact avec des membres de leur famille ou des voisins pour mettre la pression et faire en sorte que les versements mensuels soit effectués.

Finalement, et derrière toute ce système opérant depuis la France et Israël, se cachaient 27 personnes qui ont été jugées. Parmi elle, des ressortissants franco-israéliens. Les deux têtes pensantes du système, Antoine Ilan Frau et Michael Nedjar , ont été arrêtées en avril 2016 à l’aéroport Paris-CDG.

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Des échanges franco-israéliens infructueux

Malheureusement, la majorité de l’argent dérobé est restée introuvable. 75% de l’argent, soit 15 millions d’euros, se serait envolé à l’étranger.

C’est ici que la coopération entre la France et Israël a pêché : les responsables législatifs israéliens concernés n’ont pas aidé les services français pour faire avancer l’enquête et retrouver l’argent.

Selon le verdict émis le 16 janvier 2018 et dont le Times of Israël a obtenu une copie, les victimes ne bénéficieraient que d’un remboursement partiel. De côté des deux têtes pensantes, ils ont condamnés à cinq ans de prison, dont trois avec sursis et mise à l’épreuve pendant trois ans.

Par ailleurs, le verdict présente les autorités israéliennes comme réticentes pour coopérer avec leurs homologues français. Par contre, les autorités lettones ont fait savoir que la destination principale des revenus de cette fraude encaissés dans les banques du pays était Israël. Les bénéficiaires étaient des comptes enregistrés aux noms des deux têtes pensantes et de certains de leurs acolytes.

Mais quand les autorités françaises ont tenté de voir ce qui se passait du côté d’Israël, elles se sont « heurtées à un mur ».

Par ailleurs, les escrocs condamnés ont utilisé les services d’une société célèbre, France Offshore, pour établir douze des sociétés fictives qu’ils utilisaient pour ouvrir des comptes bancaires hors de France. Nadav Bensoussan, propriétaire de France Offshore, a été condamné en juillet 2017 à deux ans de prison par le Parquet national financier français pour avoir aidé des évadés fiscaux et des fraudeurs à blanchir de l’argent.

Espérons que l’implication d’Israël dans le GAFI permettra d’améliorer leur coopération avec la France pour démanteler les réseaux cybercriminels faisant toujours plus de victimes chaque année.

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Cet articlé a été écrit par Olivia Boer